À tous les habitants du Loiret, je présente mes vœux très sincères d’heureuse année 2019, en pensant d’abord à toutes celles et tous ceux qui connaissent les difficultés de la vie, la précarité, la maladie, la solitude.  
Notre pays connaît bien des problèmes. Je voudrais que l’année 2019 soit marquée par plus d’écoute, de compréhension, de solidarité, de justice, de sens de l’accueil, de goût de l’innovation et de fraternité.

Formulant ces vœux, je n’oublie pas que la France est l’un des pays du monde où l’on vit le mieux. Y a-t-il un autre pays qui connaisse un système de Sécurité sociale meilleur que le nôtre ?

Mais je n’oublie pas non plus que lorsque j’écris « ...un des pays où l’on vit le mieux... », ce mot très court, « on », recouvre de très importantes disparités et inégalités. Les nombreux Français qui manifestent depuis des semaines expriment d’abord un profond désir de justice : justice fiscale, justice sociale, justice territoriale, justice pour l’avenir de nos jeunes.

Des mesures récentes ont été prises en réponse aux « gilets jaunes ». Mais cela ne suffira pas. Car ce désir de justice appelle une vraie et profonde réorientation de la politique qui est menée. Puisse-t-elle l’être !

Et, en même temps – c’est le cas de le dire –, nous devrons continuer de nous battre pour la réduction du chômage, la création d’emplois dans nos entreprises et la nécessaire relance industrielle.

Sur l’emploi, il est de vrais paradoxes. Encore ces derniers jours, des chefs d’entreprise et des artisans du Loiret m’ont dit leur désarroi de ne pas trouver de candidats pour occuper des postes qu’ils proposent. Et il y a toujours un nombre élevé de chômeurs. Je ne jette la pierre à personne, surtout pas à tous les chômeurs qui se désespèrent de ne pas trouver d’emploi, malgré leurs efforts. Mais assurément nous n’avons pas réussi, depuis des années, à trouver les solutions, à ce paradoxe. Elles seront certainement multiples. Travaillons à cela ensemble ! Voilà un sujet pour le «grand débat» !

Je reviens aux problèmes du monde. Toute la démagogie ambiante – et elle ne manque pas ! – ne m’empêchera pas de dénoncer à nouveau le fait que la mer Méditerranée – berceau de nos civilisations – soit devenue un cimetière à ciel ouvert. Il n’y a pas de solution si on additionne les égoïsmes des États – ou de certains d’entre eux. La solution est nécessairement européenne.

Au-delà, l’Europe est la solution à bien des problèmes. Non pas l’Europe telle qu’elle est, mais telle que nous devons l’améliorer et la réformer, car elle doit devenir davantage une puissance publique, attachée à la solidarité, à la prise en compte de l’environnement, à la création d’emplois, au développement maîtrisé, au commerce équitable – plutôt qu’un pur espace libéral. Il suffit, en outre, de regarder ce qui se passe en Grande-Bretagne avec le Brexit pour comprendre que ceux qui prêchent la sortie de l’Europe, sa destruction, ou le refus du projet européen, sont des prophètes de malheur.

Un dernier mot. Le référendum peut être utile, c’est sûr, et l’histoire le montre. Il n’est cependant pas la panacée, comme l’histoire le montre aussi. Les questions politiques, économiques et sociales auxquelles la réponse est strictement binaire sont rares. Une loi, un budget, un projet, c’est l’addition d’un grand nombre de critères, d’impératifs et d’options qu’il faut essayer de concilier ou entre lesquels il faut faire des choix. C’est le rôle de la démocratie représentative. Pour m’y consacrer, je mesure combien celle-ci est précieuse. Je mesure aussi que des réformes sont, certes, utiles, voire nécessaires. Faisons-les. Et participons aux débats sur ces sujets d’importance ! Mais ne lâchons pas la proie pour l’ombre.

À toutes et à toutes, je redis tous mes vœux les plus chaleureux pour cette année nouvelle !

Jean-Pierre Sueur