Elections

  • L'Éclaireur du Gâtinais, 13 avril 2022

  • J’adresse, tout d’abord, mes félicitations à Emmanuel Macron, réélu président de la République.
    Au-delà du succès qui est le sien, son élection –  et il le sait –  est le fruit du vote de millions de Français de toutes sensibilités politiques qui se sont rassemblés autour de sa candidature pour défendre les valeurs républicaines et faire barrage à l’extrême droite.
    Il serait donc fallacieux de faire –  comme certains s’y emploient déjà – une récupération partisane de suffrages qui marquaient justement l’adhésion d’une large majorité des électeurs à la République, à l’esprit républicain, à l’État de droit et à nos libertés.
    J’espère qu’Emmanuel Macron saura s’en souvenir dans les cinq ans qui viennent.
    Je pense particulièrement à la façon d’exercer le pouvoir.
    La « verticalité » qu’il a beaucoup pratiquée, qu’il a même théorisée, n’est assurément plus de saison.
    Emmanuel Macron, lui-même, prône une nouvelle manière de gouverner et de mettre en œuvre les nécessaires réformes.
    Cela doit, à mon sens, passer par un dialogue constant avec le Parlement qui représente nos concitoyens, même si d’autres formes de dialogue et de concertation peuvent s’avérer utiles.
    Et c’est pourquoi je plaide, en vue des prochaines élections législatives, pour une Assemblée Nationale pluraliste.
    Nous l’avons bien vu durant les cinq dernières années : une large majorité pléthorique et monolithique à l’Assemblée Nationale ne permet pas le dialogue que j’appelle de mes vœux. Ce modèle, qui a fonctionné durant des décennies –  et que j’ai vécu dans la majorité comme dans l’opposition – est arrivé en bout de course. Car, en dépit de la qualité et des efforts des députés membres de ces majorités écrasantes, il transforme trop souvent l’Assemblée Nationale en chambre d’enregistrement. Et par contraste, je dis : heureusement qu’il y a un Sénat, véritablement pluraliste, lui.
    J’appelle donc de mes vœux une Assemblée Nationale véritablement pluraliste, et donc représentative de la diversité des opinions et des convictions, et en son sein – ce qui n’étonnera personne –  une gauche pleinement représentée, elle aussi dans sa véritable diversité.
    Cela dépend, bien sûr, des électeurs. Dans une démocratie, ils sont le souverain.
    Cette question essentielle est entre leurs mains.
    Faute que les institutions jouent pleinement leur rôle, faute que s’instaure un dialogue permanent entre l’exécutif et le législatif, je craindrais que, malgré les précautions verbales, la « verticalité » soit de retour, avec les incompréhensions, les crises et les impasses qu’elle induit inéluctablement.
    Or, faire vivre notre démocratie, instaurer de vrais dialogues républicains, redonner tout son sens à la séparation des pouvoirs, retrouver l’esprit de nos institutions avant de les réformer, ce serait, je crois, tirer les vraies leçons de la période que nous venons de vivre et de l’élection présidentielle qui vient d’avoir lieu.
    Jean-Pierre Sueur
  • Mon choix est clair. Si nous voulons éviter à notre pays les grands dangers que représenterait l’extrême droite, il faut voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle le 24 avril prochain. C’est ce à quoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui me font confiance.
    Même si la candidate de l’extrême droite a « adouci » son image, son programme est toujours le même.
    Il tourne le dos aux valeurs républicaines qui nous sont les plus chères. Il est xénophobe. Il est anti-européen.
    La victoire de cette candidate serait désastreuse pour l’image de la France, pays des droits de l’homme, dans le monde entier.
    Je le redis. La seule manière efficace d’éviter ce drame, et les conséquences néfastes qui s’en suivraient, ce n’est pas l’abstention, c’est le vote pour Emmanuel Macron.
    Je tiens à dire tout aussi clairement que ce vote ne sera pas un « chèque en blanc », ni une adhésion au programme d’Emmanuel Macron, ni à ses choix politiques. J’ai dit, dès 2017, que le choix du « ni droite ni gauche » aurait pour effet la montée des extrêmes. On le voit aujourd’hui, cinq ans après.
    Je dis avec la même clarté que le socialisme démocratique, ou la social-démocratie, sont à reconstruire dans notre pays. Il faudra du temps, des efforts, le sens de l’écoute et la volonté d’ouvrir de nouveaux chemins.
    De tout cela, nous reparlerons. Il est pour moi hors de question d’éviter les débats et les nécessaires remises en cause.
    Mais aujourd’hui, il y a une urgence, qui doit nous mobiliser durant les deux semaines qui viennent : défendre les valeurs de la République !
    Alors ne nous trompons pas.
    Jean-Pierre Sueur
  • Mes convictions n’ont pas changé.
    Je crois que la meilleure solution pour la France et l’Europe, c’est à la fois le choix de la justice, de la solidarité, de la liberté, des droits de l’homme, de la laïcité, de l’initiative économique et sociale la plus largement partagée. Et je sais que cela porte un nom : le socialisme démocratique ou la social-démocratie.
    Je vois que cette option a été choisie par nombre de nos pays voisins. Je sais qu’elle a marqué notre histoire, et qu’elle inspire encore aujourd’hui nombre de nos régions et collectivités locales.
    C’est pourquoi, dimanche prochain, j’apporterai mon soutien à Anne Hidalgo, et cela en dépit des sondages. Car ma « boussole », c’est bien davantage le projet de société auquel je crois que les sondages.
    Je le ferai en héritier de François Mitterrand, dont je fus le ministre, qui a compris, après une longue histoire, combien l’ancrage à gauche était précieux ; et à Michel Rocard, dont je fus proche, qui a montré qu’il fallait rénover la pensée économique de la gauche et choisir clairement la décentralisation sans méconnaître ce que l’État républicain peut et doit apporter.
    Observant le paysage électoral qui s’offre à nous, je mesure combien la confusion peut présenter des inconvénients et combien l’affaiblissement des partis de la gauche et de la droite républicaines a pour effet de renforcer dangereusement les extrêmes.
    Je ne saurai souscrire aux projets anti-européens, dissimulés ou non.
    Je ne saurai souscrire aux projets irresponsables. Les dépenses d’aujourd’hui – y compris celles qui sont pleinement justifiées – devront être payées demain. Et il faut avoir le courage de dire que les efforts nécessaires devront être demandés prioritairement à ceux qui en ont les moyens.
    Je ne saurai souscrire aux discours démagogiques sur l’éducation qui méconnaissent tout ce que l’Éducation nationale représente pour aujourd’hui et demain.
    Je ne saurai souscrire aux programmes qui méconnaissent l’indispensable justice sociale et fiscale.
    Ni bien sûr à ceux qui promeuvent en réalité toutes les formes de racisme et de xénophobie.
    Ni aux discours qui minimisent ou refusent l’aide concrète qui doit être apportée à l’Ukraine.
    Je sais que le socialisme démocratique mérite – comme ce fut le cas – d’être repensé, revu, réformé. Tel est d’ailleurs le lot de la gauche, qui ne saurait être statique sans se renier. La gauche est mouvement, ou elle n’est plus elle-même.
    Mais c’est pour moi une raison de plus d’être fidèle aux convictions pour lesquelles je me suis engagé en politique, et pour lesquelles je continue de m’engager !
    Jean-Pierre Sueur
  • AFP, 25 février 2022

     
  • La République du Centre, 25 mars 2022

     
  • À ceux qui annoncent que l’élection d’Emmanuel Macron est inéluctable, je réponds que rien n’est joué.
    Lors du premier tour de l’élection présidentielle, un grand nombre d’électeurs se sont déterminés durant les trois derniers jours, voire le dernier jour.
    Or l’enjeu est fondamental.
    L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir mettrait en cause nos valeurs républicaines les plus fondamentales ; elle nous couperait de l’Europe ; elle nous entraînerait dans une impasse économique.
    Ce serait terrible pour l’image de la France, pays des droits de l’homme, dans le monde entier.
    Face à ce risque, ni le vote blanc ni l’abstention ne sont efficaces. Seul le vote « Macron » permet d’éviter cette arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
    Or beaucoup me disent qu’ils préfèrent s’abstenir ou voter blanc.
    Je peux comprendre leurs raisons. Mais je sais que le risque existe, que la menace est là !
    C’est pourquoi je leur redis que le vote « Macron », le seul efficace, ne sera en aucun cas un « blanc-seing » donné à la politique qu’il a menée ni à celle qu’il mènera. Ce ne sera pas un « chèque en blanc ».
    Pour ma part, je continuerai à défendre mes convictions, mes valeurs et mes idées.
    Comme chacune et chacun.
    Mais, aujourd’hui, au-delà des différences de convictions qui sont légitimes dans une République, il s’agit tout simplement de défendre les valeurs de la République – et la République elle-même.
    Jean-Pierre Sueur
  • La République du Centre, 2 juin 2022

     
  • La République du Centre, 3 mai 2022