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Comme l'a redit récemment Michel Rocard, il est nécessaire d'avoir des relations avec les pays où les libertés ne sont pas toutes respectées - et souvent, loin s'en faut. Sans cela, nous aurions dû rompre les relations diplomatiques avec nombre de pays du monde.
Et l'absence de relations et de contacts ne favorise pas l'essor des libertés.
S'agissant de la Tunisie, et plus largement des pays du Maghreb ou d'Afrique, le passé colonial explique sans doute que les autorités françaises ne souhaitent pas apparaître comme des "donneuses de leçons". Mais cela n'empêche pas de voir la réalité telle qu'elle est. Et cela ne saurait justifier qu'au motif qu'on ne voudrait pas "faire la leçon", on présente une vision faussement optimiste de la réalité.
J'ai beaucoup d'amis en Tunisie, pays que je connais bien. Je crois pouvoir dire que nombre d'entre eux ne confondent pas amitié et complaisance.
Même si la nécessaire diplomatie exclut les provocations inutiles et contre-productives, l'amitié consiste aussi à se parler vrai, à tenir aux différents interlocuteurs des discours qui ne soient pas différents, à tenir le même langage à Paris, à Tunis et partout.
La vérité est que de nombreuses avancées restent indispensables en Tunisie pour la démocratie, les droits de l'opposition, la liberté de la presse, le droit d'association, la capacité de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme à assumer ses missions, etc.
Les autorités tunisiennes invoquent fréquemment la lutte contre le terrorisme et la montée de l'islamisme pour justifier leur "prudence" par rapport aux nécessaires avancées en matière de liberté.
Je dirai tout net que cet argument ne saurait justifier le statu quo.
D'abord parce que ce serait la plus grande victoire des terroristes ou des fondamentalistes intolérants et extrémistes que l'on en vienne à considérer que la menace qu'ils présentent a pour nécessaire conséquence de réduire la liberté d'expression.
Ensuite parce que le développement d'Internet et de toutes les technologies de la communication rend à terme illusoires les murailles qu'on s'emploie à édifier pour empêcher la circulation des opinions et de idées.
Enfin, la Tunisie est depuis l'antiquité une terre de commerce - dans tous les sens du terme - et d'échange. C'est une terre ouverte sur la Méditerranée, l'Europe et l'Afrique. C'est un pays qui, par toute son histoire, appelle à la rencontre des cultures. C'est un pays qui accueille, chaque année, des millions de visiteurs. Que la Tunisie devienne, bien davantage qu'elle ne l'est aujourd'hui, une terre de liberté, est conforme à son identité la plus profonde.
Jean-Pierre Sueur
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La presse rapporte que Nicolas Sarkozy a supprimé, au dernier moment, quelques lignes sur l'Union pour la Méditerranée dans son discours qu'il a prononcé devant Angela Merkel le 1er mai dernier.
C'est dire combien ce sujet est sensible.
La veille, en Tunisie, il avait plaidé avec beaucoup de force et de conviction la cause de la même Union pour la Méditerranée.
C'est - j'en suis persuadé - une bonne cause. Mais la cause est si bonne qu'elle mérite, me semble-t-il, d'être défendue à Berlin comme à Tunis. Il est des précautions inutiles.
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Jean-Pierre Sueur avait écrit à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, à propos d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, mathématicien, ancien étudiant à l'Université d'Orléans, disparu au Tchad.
Bernard Kouchner a répondu à Jean-Pierre Sueur.
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