Orléans

  • Le temps passe, en effet. Ce n’est pas une raison pour oublier ceux qui nous ont précédés et à qui nous devons beaucoup. Ainsi Pierre Ségelle, ancien député puis maire d’Orléans, ancien ministre, ancien résistant et déporté, qui fut d’abord médecin de campagne à Ligny-le-Ribault, puis médecin des pauvres à Orléans, que son tempérament n’incitait pas à se mettre en avant et qui fut pourtant – je suis tenté de dire d’autant plus – apprécié et aimé à Orléans, et au-delà.
    Sa fille, Jeannine, restée attachée à l’idéal du socialisme démocratique, d’un socialisme profond, fondé sur de solides valeurs, celui de son père, vient de publier ses souvenirs, ou plutôt des souvenirs, dans un livre au titre étrange : Quel est l’oiseau qui allaite ? Une histoire personnelle de la Kabylie.
    Pierre Ségelle est né à Médéa. Il est profondément resté attaché à son Algérie natale et à cette ville, Médéa, qu’il jumela avec Orléans quand il devint maire. Il nous en reste une « rue de Médéa ».
    Ce n’est pas à Médéa que Jeannine a vécu son enfance, mais en Kabylie. Elle nous en restitue les légendes – d’où le titre du livre –, mais aussi les couleurs, les parfums, les beautés, en un mot la vie… Tout le livre est ainsi baigné dans une vision poétique de la Kabylie.
    Mais Jeannine nous parle aussi des épisodes qui ont suivi et nous apporte des informations souvent inédites.
    Ainsi, parmi ses souvenirs de la guerre, de ses dangers, y compris pour les populations civiles, parmi ses souvenirs de la Résistance, dont elle devine l’existence, il y eut ce jour de janvier 1944 où elle accompagne sa mère qui a obtenu l’autorisation d’aller voir son père au camp de Royalieu, qui était « l’antichambre de la déportation. »
    Jeannine décrit : « Mon père a chuchoté "garde tes gants", a tripoté mes mains, comme en jouant et a glissé dans ma paume gauche un minuscule papier. Quelques résistants importants du Loiret étaient avec lui et ils avaient tous désigné ceux qui deviendraient les administrateurs à Orléans. La liste des responsables était bien au chaud dans ma main. On se méfie moins d’une enfant de onze ans que d’une adulte comme ma mère. » Ce père s’en était voulu ensuite de l’avoir « mise en danger. »
    Jeannine nous parle du retour de la déportation de son père. Ceux qui revenaient avaient connu tant d’horreurs que, souvent, ils n’en parlèrent pas. Ils se sentaient « décalés », incompris dans une société au sein de laquelle la plupart des hommes et des femmes ignoraient les épouvantables épreuves vécues dans les camps de la mort. Ce n’est qu’après, longtemps après…
    Jeannine décrit « un homme de trente kilos, son mètre 75 un peu voûté, l’œil gauche gonflé, souvenir de la schlague, regard anxieux. »Et pourtant, déjà, « un homme plein d’idées et d’énergie mentale. »
    De Gaulle fait appel à lui. Ségelle explique : « Vous étiez un chef, oui mais à présent, je suis socialiste et vous… » Ce à quoi de Gaulle répond au téléphone : « Peu importe, venez à Paris, tout de suite. »
    Jeannine témoigne que l’engagement socialiste de son père « est devenu complet après la déportation. » Élu député du Loiret en 1945, il deviendra ministre de la Santé et de la Famille durant quelques mois sans l’avoir nullement cherché. Le Canard Enchaîné l’a appelé « le ministre malgré lui. » On a trop souvent oublié l’action décisive qui fut la sienne pour la création de la Sécurité sociale, aux côtés de Pierre Laroque, d’Ambroise Croizat et de Marcel Legras.
    De même, on a oublié que devenu peu après, pour quelques mois encore, ministre du Travail – la vie ministérielle sous la Quatrième République était un incessant tourniquet –, il fut promoteur du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
    Jeannine nous conte sa vie à l’Assemblée Nationale comme dans les ministères et à Orléans où « la salle d’attente du médecin est devenue celle des quémandeurs. »
    Elle se souvient qu’il revint à son père d’annoncer à Juliette Gréco la mort de sa mère en déportation.
    Elle nous parle de son amitié avec Léopold Sédar Senghor.
    Elle nous parle de ses conflits avec Guy Mollet s’agissant de la guerre d’Algérie. Il disait à sa famille : « Il faut partir. On court au désastre, pour eux comme pour nous. »
    Elle nous raconte comment son père fut amené à être élu maire d’Orléans et combien il exerça cette fonction avec une sagesse et un sens de la tolérance qui furent salués de tous – sans jamais oublier de mettre au premier rang la justice sociale qui était, pour lui, un impératif absolu.
    On le voit : on doit à Jeannine Ségelle un livre qui en dit beaucoup plus que son titre ne le présuppose.

    Jean-Pierre Sueur

     

     
  • Les révélations qui ont eu lieu ces derniers jours me rappellent des souvenirs.

    Lorsque, en 1993, n’étant plus député ni ministre, j'avais pour seul mandat celui de maire d'Orléans, j’ai refusé de solliciter l’augmentation de mon indemnité. J’ai repris mon enseignement à l’Université. Cela m’a demandé beaucoup de travail. Mais je ne le regrette en rien.

    Lorsque, après avoir été élu maire d’Orléans, j’ai demandé à Charles Renard,  conseiller-maître à la Cour des comptes, d’être adjoint aux finances, je savais qu’il serait d’une rigueur absolue, qu’il ne laisserait rien passer et que le bien fondé de toute dépense serait ausculté avec une totale rigueur. Il est inutile d’ajouter que je ne le regrette en rien !

    J’ai pu mesurer comme député, puis comme sénateur, combien il fallut de lois (j’ai été rapporteur de plusieurs d’entre elles) pour fixer enfin des règles applicables au financement de la vie politique, des partis politiques et des campagnes électorales.  Je ne regrette nullement d’avoir voté ces lois, et d’avoir fait voter, cette semaine encore, un nouvel amendement sur ces questions.

    La rigueur est indispensable. C’est une absolue nécessité. Elle s’applique à tous les élus. Il y a des dépenses inutiles, injustifiées et injustifiables.

    Les révélations récentes portent lourdement préjudice à notre ville. Comment, dans ce climat détestable, croire à des discours sur son avenir et ses ambitions ?

    Chacun doit en tirer les conséquences.

    Jean-Pierre Sueur

  • La République du Centre, 4 juillet 2018

  • Suite aux propos d’Olivier Carré dans La République du Centre de ce vendredi 27 septembre, je tiens à apporter les précisions suivantes. J’ai été maire d’Orléans durant douze ans. J’ai été député et maire durant deux ans, ministre etmaire durant deux ans. J’ai donc exercé durant huit ans le seul mandat de maire. Durant ces douze années, je n’ai jamais fait rembourser par la ville une seule note d’hôtel à Paris. Cela aurait été injustifié. Et cela l’est toujours.

    Jean-Pierre Sueur

  • François Mitterrand a dit un jour que, pour lui, la meilleure qualité que devait avoir un homme ou une femme politique, c’était l’indifférence.

    Plusieurs s’en offusquèrent. Non, dirent-ils, la meilleure qualité d’un homme ou d’une femme politique, ce devrait être la force de conviction, le sens de l’engagement et du dévouement, la sympathie, l’empathie.

    François Mitterrand en convint. C’était vrai. Il précisa ce qu’il avait dit. Quand il parlait d’« indifférence », cela signifiait qu’il fallait s’attendre à tout dans le comportement de certains politiques et qu’il fallait ne s’étonner de rien.

    J’en vois – ils et elles se reconnaîtront – dont je connais bien le parcours et dont je sais ce que furent leurs convictions, faire les choix les plus contraires au motif qu’ils « ne pourraient pas faire autrement », que la politique « c’est comme ça », ou encore que cela leur « serait imposé ». Mais par qui ? Et pourquoi ?

    Nul n’est contraint ni à l’opportunisme ni au cynisme – qui ont pour point commun de vider la politique de tout sens.

    Et si tout est dans tout, elle n’a plus de sens.

    J’ajoute que les contorsions verbales sont, à cet égard, inopérantes.

    « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde »disait Albert Camus.

    Jean-Pierre Sueur

  • Tristesse d’apprendre le décès de Robert Fortier. Robert, qui a longtemps travaillé au BRGM, a été le deuxième président de l’Association des Habitants d’Orleans La Source. Il s’est beaucoup impliqué dans la Coordination des associations de La Source. Il était pleinement engagé dans toute la vie associative, défendant inlassablement la participation des citoyens à la définition des projets, ainsi que la solidarité : il était ainsi très actif au sein du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Estimé de tous, très ouvert à tous, Robert n’a pas compté son temps pour son cher quartier de La Source, qu’il aimait profondément. Je dis toutes mes pensées très amicales à son épouse Jacqueline et à ses enfants.
    JPS
  • J’apprends avec tristesse le décès de Samy Driss.

    Conseiller municipal d’Orléans durant douze ans dans l’équipe que je conduisais, il a beaucoup œuvré en direction de la jeunesse. Il a été vice-président de l’ASELQO et membre du Conseil départemental de prévention de la délinquance.

    Ardent défenseur de la laïcité, il s’est ensuite pleinement engagé dans le syndicalisme au service des enseignants.

    Merci, Samy. 

    JPS

  • J’aime le musée des beaux-arts d’Orléans.

    Bien sûr, j’aime aussi visiter d’autres musées, en France et ailleurs. Mais je me défie des visites trop rapides, où l’on finit par défiler devant tellement d’œuvres qu’elles ne laissent pas vraiment de trace ou de souvenir en nous, sauf exception.

    Le musée d’Orléans est extrêmement riche. C’est l’un des plus riches de France. J’aime y revenir sans cesse, y découvrir ses nouvelles acquisitions, mais souvent revoir inlassablement certains tableaux. Ils sont toujours les mêmes – me dira-t-on. Je rétorquerai qu’ils sont toujours différents au sens où chaque fois, j’ai le sentiment d’approfondir la connaissance de l’œuvre, d’y trouver de nouvelles profondeurs, des correspondances et des harmonies que je n’avais pas encore décelées.

    En un mot, je préfère me concentrer sur un nombre défini d’œuvres, plutôt que de me disperser sans fin, même si j’adore – pourquoi le cacher – découvrir de nouvelles œuvres comme autant de surprises – mais que j’aurai, je le sais, le désir de revoir, et de revoir encore, afin, une fois de plus, de rechercher la profondeur du trait, du dessin, de l’image, des lumières, plutôt que de rester toujours à la surface des choses.

    On l’aura compris, je vais, pour une fois, faire relâche pour ce qui est de la politique et vous convier, si vous le voulez bien, par quelques lignes volontairement cursives, vers dix tableaux du musée des beaux-arts d’Orléans qui me tiennent à cœur pour des raisons diverses et que je choisis arbitrairement parmi des dizaines d’autres, sur lesquels j’aimerais revenir une autre fois…

    Tête de vieil homme, d’Antoine Van Dyck. Ce tableau du XVIIe siècle est d’une singulière modernité. Ce vieil homme sort des conventions, des règles, des bienséances – il sort littéralement du tableau. Est-il résigné, abattu, ou, au contraire, est-il toujours prêt à se battre, après avoir connu d’indicibles épreuves ? On ne le saura jamais.

    Corbeille de prunes et cerises, de Jacob Van Hulsdonck. Cette « nature morte » n’est pas morte. Elle éclate de vie. Les couleurs y composent une harmonie douce, une symphonie de demi-teintes dont on ne peut se lasser. Pas plus que des gouttes d’eau, ainsi que du papillon, du hanneton ou d’une mouche qui me rappellent, bien sûr, la salle du livre d’or du Sénat.

    Bacchus découvrant Ariane à Naxos, des frères Le Nain. Que dire ? Sinon que ce chef-d’œuvre nous offre la pureté la plus pure.

    Le feu, l’air, l’eau, la terre, de Claude Déruet. Ce n’est pas un tableau. Ce sont quatre tableaux, voués chacun aux quatre éléments tous quatre somptueusement magnifiés. Mais ces quatre tableaux n’en font, finalement, qu’un seul ! J’aime à penser que Bachelard les eût adorés. Mon seul regret, c’est que, du fait d’un nouvel accrochage, ils sont perdus parmi nombre d’autres tableaux. Ils offraient toute leur beauté et toutes leurs correspondances dans la salle adjacente, qui leur était naguère dédiée. Mais je connais les contraintes.

    Portrait de famille, attribué à Cornelis Bisshop. Ce tableau eût intéressé Michel Foucault : je renvoie bien sûr au prologue de Les mots et les choses. C’est une famille noble. Ce pourrait être une œuvre académique. Ça ne l’est pas. Car tout compose une envoûtante harmonie : les lignes, les couleurs, les postures, les vêtements, les mains, les regards… Oui, cette « figure imposée » suscite une très étrange fascination.

    Portrait d’un jeune homme noir, par Maurice Quentin de la Tour. Un chef-d’œuvre absolu. Toute l’humanité, tout ce qu’il y a de plus humain dans l’humanité en un portrait, un visage – un regard.

    Autoportrait de Chalgrin. Un autre chef-d’œuvre absolu. Harmonie des teintes – mais surtout force du regard, au-dessus des bésicles. Un regard qui ne s’en laisse pas compter, mais qui reste bienveillant. Cet autoportrait, c’est celui d’un homme qui se dit et qui nous dit : « Connais-toi toi-même. »

    Portrait de Max Jacob, par Marie Laurencin. Max Jacob est un être fascinant ; c’est un poète, un artiste, un mystique. Son destin fut tragique. Avouerai-je que j’ai toujours eu du mal à « entrer » dans son œuvre ? Marie Laurencin nous permet de découvrir l’homme avec ce portrait singulier, étrange, simple et profond à la fois.

    Choses en mai, par Jean Hélion. Ce triptyque est une œuvre majeure de Jean Hélion. Je l’ai souvent regardé, mesurant toute la gravité des personnages ici restitués. Une extrême gravité qui, je dois le dire, suscite en moi un malaise, en dépit de la force esthétique de l’œuvre. Je préfère penser que Mai-68 fut aussi – et d’abord – une explosion de joie.

    Étude, de Simon Hantaï. J’ai longtemps pensé que cet immense tableau prenait trop de place. Et puis, au fil du temps, j’ai appris à l’aimer. Et je ne me lasse pas de contempler ces ailes, ces oiseaux, ces colombes se mouvant en mille arabesques sur un fond de bleu d’encre.

    Jean-Pierre Sueur

    >> Plus d'informations sur le musée des beaux-arts d'Orléans

     
     
  • Jean Castex, François Bonneau et Pierre PouësselLe hasard a voulu que j’assiste à la signature entre mon ami François Bonneau et le Premier ministre, Jean Castex, d’un contrat de plan très porteur dans notre région Centre-Val de Loire pour les années qui viennent, le lendemain d’un colloque consacré à l’action décentralisatrice et territoriale de Michel Rocard, au cours duquel les contrats de plan ont tenu une grande place…
    En effet, certains avaient pensé en 1981 que le fait que Michel Rocard fut nommé ministre d’État, certes, mais ministre chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire, était une sorte de marginalisation honorifique ! Autrement dit un « placard » ! Ils se sont trompés. Car je me souviens du dynamisme avec lequel Michel Rocard s’empara du sujet comme il le fit quand il devint ministre de l’Agriculture, maire d’une ville moyenne, puis Premier ministre… À vrai dire, il saisissait chaque occasion, quelle qu’elle fût, pour inventer, innover et agir.
    Mais revenons au ministre d’État chargé du Plan. Et souvenons-nous que pour de Gaulle et pour la République gaullienne, le Plan était hissé au niveau d’« ardente obligation. » Mais pour ardente qu’elle fût, l’obligation ne se traduisit que trop partiellement dans les faits. Planifier, prévoir et préparer l’avenir est, certes, toujours difficile et hasardeux. Mais la vérité est que, depuis les débuts de la Cinquième République, les différents plans élaborés par d’ardents « commissaires » n’eurent pas les effets escomptés.
    Rocard, lui, eut l’idée lumineuse d’inventer les « contrats de plan ». L’idée était simple. Au lieu d’édicter des plans venus du haut, conçus par des experts, d’ailleurs brillants, de l’État, les nouveaux plans seraient négociés entre l’État, les Régions, et aussi d’autres collectivités locales. L’État et les Régions, pour l’essentiel, se mettraient d’accord sur un programme pour cinq ans, voire davantage.
    Le plan ne serait plus un long discours, mais un grand tableau où les différentes actions et les différents projets seraient listés, chiffrés, avec un chiffre précis pour le financement chaque année par l’État, d’une part, et par la Région et les autres collectivités, d’autre part, de chaque action et de chaque projet.
    Et cela a remarquablement marché puisque depuis presque quarante ans on peut constater que le taux d’exécution de l’ensemble des contrats de plan est très significatif.
    Il y a là un changement profond.
    En un mot, le plan contractuel est apparu bien plus efficace que le plan autoritaire.
    Cela s’explique aisément.
    Chaque partie signataire agit en effet sous le regard de l’autre partie signataire. Elle sait que tout manquement sera critiqué par le cosignataire. Et c’est efficace !
    … Voilà ce qui a nourri les débats du colloque de vendredi dernier… et ce qui inspirait mes réflexions ce samedi. Je mesurais combien cette innovation avait résisté à la pluralité des gouvernements et des exécutifs locaux successifs, et tout simplement au temps qui passe.
    Oui, ce plan État-Région et le volet régional du plan de relance, également contractualisé, seront des atouts forts pour notre région dans les temps à venir, dès lors, bien sûr, que les engagements seront respectés.
    Ce fut enfin une joie que de retrouver à cette manifestation le préfet Pierre Pouëssel qui a beaucoup œuvré pour l’élaboration de ces documents, qui est en train de surmonter une dure épreuve de santé et à qui le Premier ministre comme le président de la région ont exprimé toute leur reconnaissance.
    Jean-Pierre Sueur
    En photo de gauche à droite : Jean Castex, François Bonneau et Pierre Pouëssel
     
     
     
  • Je me réjouis sincèrement que TOUTES les villes jumelles d’Orléans aient été invitées cette année aux fêtes de Jeanne d’Arc. En effet, depuis 2001, seule une ville, voire deux ou trois étaient invitées. Et j’ai durant toutes ces années reçu des témoignages de nos amis des villes jumelles qui regrettaient de ne pas être conviés. En effet, elles l’ont toutes été chaque année, depuis la signature des différents jumelages, jusqu’en 2000. Et cela représentait toujours pour ces amis du monde entier – maires, élus, responsables des jumelages ou d’associations – un grand moment !

    C’est aussi – j’en suis persuadé – important pour le rayonnement de notre ville, indissociable de la figure de Jeanne d’Arc. C’est pourquoi je salue ce retour à notre tradition d’accueil. Et je forme le vœu que toutes nos villes jumelles soient désormais invitées chaque année pour partager nos fêtes johanniques.

    Lors de la cérémonie de la « remise de l’épée », à Saint-Pierre-le-Puellier, Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, a justement rappelé que l’année 1920 – nous fêterons son centenaire l’an prochain – a été marquée, non seulement par la canonisation de Jeanne d’Arc (il fallut près de cinq siècles pour que l’Église le décidât !), mais aussi par l’adoption par le Parlement d’une loi instituant la fête de Jeanne d’Arc comme fête nationale. Et Bénédicte Baranger, présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc, rappela le célèbre discours prononcé par Maurice Barrès en cette occasion :

    « Il n’y a pas un Français, quelle que soit son opinion religieuse, politique ou philosophique, dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes. Chacun de nous peut personnifier son idéal. Etes-vous catholique ? C’est une martyre et une sainte que l’Église vient de mettre sur les autels. Etes-vous royaliste ? C’est l’héroïne qui a fait consacrer le fils de Saint-Louis par le sacrement gallican de Reims. Rejetez-vous le surnaturel ? Jamais personne ne fut aussi réaliste que cette mystique : elle est pratique, frondeuse et goguenarde, comme le soldat de toutes les épopées ; elle a ses lèvres toutes fleuries de ces adages rustiques qui sont la sagesse de nos paysans ; elle incarne le bon sens français. Pour les républicains, c’est l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies, et les révolutionnaires eux-mêmes, en 1793, décorèrent de son surnom, « la bergère », le canon fondu avec le métal de la statue d’Orléans. Enfin, les socialistes ne peuvent pas oublier qu’elle disait : "Les pauvres gens venaient à moi volontiers parce que je ne leur faisais pas de déplaisir", et encore : "J’ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux". »

    J’ajouterai que dès le 16 mars 1894, le sénateur Joseph Fabre déclarait au Sénat : « Jeanne d’Arc n’appartient pas à un parti. Elle appartient à la France. »

    Jean-Pierre Sueur

    Lire mes articles à ce sujet publiés en mai 2014 sur « Jeanne d’Arc et la loi de 1920 »

    >> Première partie : le débat de 1894 au Sénat

    >> Deuxième partie : le vote à l'Assemblée Nationale

  • La République du Centre, 20 novembre 2020

     
  • La République du Centre, 21 novembre 2020

     
  • Mag'Centre, 20 septembre 2020

     
  • C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès de Luis Chihuailaf. Né au Chili, Luis s’était opposé à la junte militaire. Il a été torturé. Il s’est exilé en France  terre d’accueil et de liberté ! – en janvier 1974. Arrivé dans le Loiret, il a créé à Orléans La Source l’association « Escale ». Et l’éducateur hors pair qu’il était s’est consacré aux jeunes, enfants et adolescents, du quartier, leur proposant nombre d’activités. Il les connaissait tous, les aidait tous. Certains discourent sur la prévention et l’insertion. Lui, ne discourait pas : il les mettait en œuvre, avec une grande modestie, beaucoup de présence, ne comptant pas son temps. Il a enfn mené un dur combat contre la maladie. Merci Luis ! J’ajoute que tu étais un socialiste fidèle : toute ton histoire te conduisait à vouloir une société de justice et de liberté ! Aujourd’hui, je pense fort à toi, à ton épouse Laeticia, à ta sœur Nélia, à tes enfants, Eduardo et Rodrigo.
     
     
    JPS
  • Je tiens à saluer la belle monographie consacrée à l’œuvre des architectes Dominique Jakob et Brendan MacFarlane réalisée par Philip Jodidio aux éditions Flammarion.
    Nous avons la chance de compter dans le Loiret l’une des œuvres majeures de Jakob et MacFarlane, le bâtiment dit « Les Turbulences » situé le long des mails d’Orléans sur un espace qui fut longtemps occupé par ce que l’on appelait les « Subsistances militaires ».
    Ce bâtiment illustre un parti pris résolument novateur, soucieux cependant de respecter l’existant, auquel la création ne s’oppose pas : elle cohabite avec lui et crée de nouvelles harmonies. Il témoigne également de la radicalité de leur approche des formes, des couleurs et de la lumière.
    La forme des « Turbulences » a pu surprendre (photo ci-contre). Elle ne saurait laisser indifférent. Elle illustre bien le credo de nos deux architectes qui veulent « créer des paysages dans la ville » en mariant « trames et formes libres »eten s’attachant à la « fluidité des formes. » Et surtout, cette architecture (le contenant) est une réponse à ce que le bâtiment recèle : la collection exceptionnelle de maquettes de l’architecture de création du XXe siècle qui constitue l’originalité et le trésor du FRAC du Centre-Val de Loire. Si bien qu’il y a une singulière métonymie entre le « contenant » et le « contenu ».
    Le choix des couleurs est radical. Il l’est d’ailleurs davantage dans les autres réalisations présentées dans le livre, qu’il s’agisse du « Cube orange » ou du bâtiment d’Euronews à Lyon, du conservatoire Nadia et Lili Boulanger à Noisy-le-Sec, du bâtiment des Docks en bord de Seine à Paris, ou encore du restaurant Georges qui, au Centre Pompidou, vient compléter – exercice périlleux ! – l’œuvre de Renzo Piano (photo ci-contre). J’approuve cent fois le choix de la couleur, ayant souvent déploré que, contrairement à ce que l’on voit dans d’autres pays, nos villes françaises fussent désespérément « grises ».
    Le choix des lumières se traduit par les flux toujours changeants qui viennent animer les surfaces, imaginés par le duo d’artistes « Electronic Shadows » composé de Nazika Mestaoui et Yacine Ait Kaci. Ainsi, ce bâtiment qui « jaillit du site comme un signal fort envoyé aux architectes » est également mouvant et changeant sans que cela n’efface ses lignes ni sa structure.
    Je termine en souhaitant que la parution de ce beau livre soit l’occasion de mieux faire connaître « Les Turbulences », ici et ailleurs, réalisation qui, avec les autres œuvres de Jakob et MacFarlane, séduit par sa rigueur et sa modernité, comme de l’autre côté du mail d’Orléans, la médiathèque de Dominique Lyon et Patrice du Besset.
    Jean-Pierre Sueur

    Éditions Flammarion, 304 pages, 247 x 310 mm, 75 €

     

  • Mag'Centre, 26 janvier 2021

  • La Fondation Jean-Jaurès et la Fondation pour l’Innovation politique, avec le soutien du Haut-Commissaire à la réforme des retraites, lancent un cycle de rencontres-débats en région sur la création d’un système universel de retraites. Le premier débat se tiendra à Orléans le 29 mars, en présence notamment de Jean-Paul Delevoye, Gilles Finchelstein et Dominique Reynié.

    • De 18 h 30 à 20 h 30, amphithéâtre Besson, Faculté de Droit d’économie et de gestion, Université d’Orléans, rue de Blois, 45100 Orléans

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  • La République du Centre, 3 décembre 2019

     
  • À Orléans le 26 septembre à 15 h 30.

    Cette année 2020 est celle d’un double centenaire. Celui de la canonisation de Jeanne d’Arc, mais aussi celui du vote définitif au Parlement – après un très long parcours législatif – de la loi instaurant la fête de Jeanne d'Arc comme fête nationale. Une conférence organisée par la Ville d’Orléans sera donnée à ce sujet par Yann Rigolet, doctorant en histoire moderne, et Jean-Pierre Sueur, ce samedi 26 septembre à 15 h 30 à la salle de l’Institut.

    >> Entrée gratuite - insciption obligatoire

     

     

     

  • La République du Centre, 3 mai 2020